• Voici un extrait d'une nouvelle à venir :

     

    Le Bal des Pompiers

     

    (...)Des éventails avec des robes à volants pour les Gipsy Kings. Du cuir et des lunettes noires pour Johnny Halliday. Des bustiers ultra-sexy pour Madonna. Une robe à traine au décolleté vertigineux pour Céline Dion. Des jupes à carreaux Vichy avec les cheveux coiffés en couettes pour le twist. Des paillettes et des cuissardes pour les Claudette. Des boas et des perruques pour Dalida ou encore une petite robe élégante et sombre pour Édith Piaf. Le tout, porté avec des talons très hauts parce que cela dessine une ligne avantageuse, parce qu’il faut être belle. (...)

    Extrait d'une nouvelle


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    « Pleurer l'absence de quelqu'un et ne pas pouvoir confier son chagrin, voilà un lieu de solitude absolue. »

    Alice Laplante (Absences)

     

    Un Heureux Evénement 

    (Part 1)

    En entrant dans leur pavillon, Isabelle ressentit une peur étrange. C’était le silence qui l’avait alertée. Un silence froid et profond. La nuit commençait à tomber mais on y voyait encore alors elle n’avait pas allumé. Elle avait refermé la porte et posé ses clés sur la commode de l’entrée juste à côté d’un autre trousseau, celui de Richard, son mari. Elle connaissait bien ce porte-clés, rond, bleu et rouge avec la Tour Eiffel au milieu, 1970 inscrit dans le bas et Paris-Saint-Germain dans le haut. C’était un supporter inconditionnel de cette équipe : des comme lui, on en faisait de moins en moins. Tout petit déjà, son père l’emmenait au stade. Il n’avait jamais fait partie d’associations de supporters, elles ne manquaient pas pourtant et il avait souvent été sollicité par ses copains. Mais la violence et les attitudes discutables de ces fanatiques n’enchantaient guère Richard. Lui, ce qui l’intéressait avant tout, c’était le jeu. Il aimait le foot et les joueurs incarnaient pour lui des hommes exceptionnels capables de réaliser des prouesses. Il savait de quoi il parlait. Il courait quotidiennement et il faisait partie du club de l’entreprise. Il s’entrainait une fois par semaine avec ses collègues de travail. Il n’achetait pas L’Équipe. Ce journal ne servait à rien selon lui hormis participer à la déforestation ! Isabelle réfléchissait en avançant dans le couloir. Elle marchait avec prudence comme en terrain inconnu. Pourtant, c’était dans leur foyer qu’elle était entrée. Elle avait songé à son propre porte-clés, un cadeau de Richard. Un porte-clés de rien du tout qui avait beaucoup de valeur à ses yeux. Elle se souvenait de la joie immense qui l’avait envahie lorsqu’il lui avait dit :

    « — ferme les yeux et tends-moi une main.

    — Mais qu’est-ce que tu veux Richard ?

    — Rien… ferme juste les yeux, tends-moi une main, tu verras bien, tu n’as pas confiance en moi ?

    — Si bien sûr, tu es bête, sinon, je ne serai pas là. »

    Elle avait fermé les yeux et tendu sa main. Il y avait déposé un objet. À l’aide de sa deuxième main, elle avait tenté de deviner. Elle avait senti du métal, un truc dense, avec un anneau peut-être.

    « — Vas-y, tu peux ouvrir les yeux.

    — Oh Richard ! Comme il est beau ! Merci, merci beaucoup. »

    Richard venait de lui offrir son premier cadeau, un porte-clés au bout duquel pendait un cœur, un joli petit cœur argenté. Le romantisme de Richard s’exprimait rarement mais quand il le laissait paraitre, Isabelle le prenait de plein fouet.

    À la vue du trousseau de clés de Richard, sur la commode dans l’entrée, un mélange de surprise et de joie s’était ajouté à l’étrange peur et puis très vite, c’était l’inquiétude qui avait tout dominé. Elle avait appelé, pas de réponse…

    (À suivre...)

    Un Heureux Évènement, part 1

     


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