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     INFORMATION IMPORTANTE !

    Le Festival Virtuel de La Nouvelle est pour bientôt

    et il change de lieu.

    Je vous invite à lire l'article à ce propos ici : 

    Un article sur le nouveau Blog !

    INFORMATION IMPORTANTE !

     

     

     

     


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    Dans la peau de Jacques Vabre

     

     

     

    Le printemps bat son plein en métropole et vous croulez sous les cerises tandis qu’ici, à La Réunion, l’hiver est bien là et nous glissons sur les goyaviers !

    Les jours et les semaines qui viennent promettent comme toujours d’être extrêmement chargés, et les projets s’enchaînent sans répits.

    Après la publication de l’anthologie « LES HOMMES FROIDS », dont les auteurs sont issus pour la plupart du Festival Virtuel de La Nouvelle 2017, je suis en mesure de vous annoncer que la cuvée 2018 du Festival aura bien lieu sur le blog qui pour l’occasion aura fait peau neuve ! 

    Je rappelle que tous les gains de cette anthologie sont versés à une association La Maison des Parents de l’Océan Indien qui a pour vocation d’héberger les parents ou les accompagnants d’enfants hospitalisés loin de chez eux. 

     

    Pour acquérir cette anthologie, c’est par ICI

     

    Je travaille avec plaisir à l’affiche du Festival 2018 et, j’espère que les auteurs que je sélectionne minutieusement pour vous, tel Jacques Vabre sélectionne les meilleurs grains pour son café, sauront vous séduire avec leurs histoires que vous pourrez lire du 15 Juillet au 15 Août prochain sur le Blog nouvelle génération. 

    Ce Festival est entièrement gratuit et contribue à mettre en avant la lecture, mais aussi des auteurs passionnés.

     

    J’espère vous y retrouver nombreux et prompts à crier sur tous les toits la bonne nouvelle !

    Partagez cet article auprès de vos amis, d’autres suivront où je vous dévoilerai entre autres, la programmation. 

    Merci de me dire en commentaire si je peux compter sur vous... 

     

     Dans la peau de Jacques Vabre

     


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    Alors que la programmation du Festival Virtuel de La Nouvelle 2018  bat son plein avec de beaux auteurs prévus au programme et un parrain prestigieux, je suis heureuse et fière de vous présenter un projet qui me tient à coeur et que je porte à bout de bras depuis plusieurs mois. 

    Le recueil de Nouvelles « LES HOMMES FROIDS » écrit par un collectif d’auteurs, est enfin disponible en pré-commande avant la parution officielle le 10 mai 2018.

    Disponible en version numérique mais également en version broché (papier) sur AMAZON

    Les Hommes Froids

     Pour pré-commander le recueil, c'est par ici :        

     LES HOMMES FROIDS

     

    Lancez-vous, soyez curieux et venez découvrir ce collectif d'auteurs issu du Festival Virtuel de La Nouvelle 2017.  Retrouvez les auteurs que vous avez aimé : Catherine MARQUÈZE, Justine OBS, Sébastien DEMAN, Éric COSTA, Oluf EMI, GUS mais aussi une petite nouvelle Florence RIVIÈRES, bien entendu le parrain de l'édition 2017 Anaël VERDIER et, votre serviteur Patricia RICORDEL. 

    Déclinées sur un même thème, neuf histoires à lire ! 

    On vous attend nombreux, partagez sans compter ! 

     

    Et cette belle aventure ne s'arrête pas là, puisque tous les gains de la vente de ce recueil seront versés à une association. J'ai choisi celle-ci :

     Maison des Parents de l'Océan Indien.

    Les Hommes Froids

     

    La Maison des Parents est une association qui a pour vocation d'accueillir les parents ou les accompagnants d'enfants hospitalisés loin de chez eux. 

     

    Pour pré-commander le recueil, c'est par ici :        

     LES HOMMES FROIDS



     


    2 commentaires
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    Discours de fermeture

     

     

    Festival Virtuel de La Nouvelle 2017

    (À l'année prochaine pour de nouvelles aventures.

    Merci à tous.

    Vous avez été plus de 2000 à suivre ce Festival inédit...)


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    Nez de Pluie

     

    Cette pluie sent l’azote, celle-ci sent le mercure, celle-ci… Oh, celle-ci est irradiée.

    Anoki excelle à reconnaître la qualité de l’eau qui descend des nuages et rigole sur le sol. C’est un talent qu’il monnaie à prix fort maintenant que les pluies sont devenues toxiques et qu’il faut protéger la terre à chaque nouvelle averse. On tend ces grandes bâches au-dessus des sols et parfois l’eau en fait fondre le plastique. Les agriculteurs s’arrachent Anoki parce qu’ils sont rares ceux qui ont le talent de lire dans l’air les mélodies d’ozone. Grâce à lui ils sauvent leurs récoltes et évitent la misère. C’est un cercle vertueux. L’argent qu’ils donnent à Anoki ils le récupèrent au centuple lorsqu’ils vendent leurs céréales à prix d’or sur les marchés.

    “Venez travailler pour nous en exclusivité, lui proposent les grandes entreprises agricoles.

    – Je préfère garder mon indépendance.

    – Dites-nous votre prix. N’importe quel prix, insistent les hommes en costume-cravate.

    – Ce n’est pas une question d’argent”.

    Alors ils passent aux menaces. Ils préfèrent Anoki mort plutôt que de le partager. Obligé de fuir, Anoki se cache. Il trouve un vieux conduit d’évacuation près d’un ruisseau asséché et entreprend de le remonter. Grâce à son nez, il sait à quelles flaques boire et lesquelles éviter.

    A l’autre bout du conduit il y a une ville. Ici pas de champ à protéger, pas de récolte à préserver mais des gens, des foules insondables de gens. Anoki est couvert de boue, il attire les regards et les moues de dégoût. On se détourne de lui, on se méfie. Des nuages se massent dans le ciel. “Attention, prévient-il, cette pluie vous brûlera la peau”. Personne n’écoute. Anoki s’abrite et quand la pluie s’abat sur la foule, les parapluies fleurissent.

    Anoki marche dans les flaques. Le polyprène de ses semelles fume au contact de l’acide. Une fumée fine, légère, qui démange ses narines. Sur le bord du chemin s’entassent des carcasses en pointillés de rouille. Les kilomètres qu’il avale le mènent à un paysage plus aride. La poussière lui chatouille le nez. Il reconnaît le parfum d’un sol qui n’a pas reçu la pluie depuis longtemps. Du fond des crevasses s’élève l’odeur âcre du souffre. La terre ici est morte.

    Moite, les pieds traînants, Anoki se présente à la porte d’une maison isolée sous l’ombre d’un olivier. 

    – Entrez, lui propose la vieille femme qui habite là, restez aussi longtemps que vous en aurez besoin.

    Un oiseau aux plumes bleues l’observe, perché au sommet d’un vaisselier rempli de livres.

    La maison sent le papier en décomposition, l’urine et la citronnelle de synthèse. Dans un coin, des sacs de graines à l’effigie des grandes entreprises agricoles.

    – Je repars demain, remercie Anoki.

    – Où allez-vous ?

    – Quelque part où l’herbe pousse encore.

    La vieille hoche la tête avec nostalgie. Ils échangent des souvenirs chlorophyllés autour d’une tasse d’eau bouillie puisée à la source qui coule encore parfois dans la montagne et de quelques olives. Encouragé par l’hospitalité et par la fatigue, il lui raconte sa fuite, les chemins désolés qui l’ont amené jusqu’à cette retraite dans les montagnes.

    Le sommeil d’Anoki est traversé de cauchemars orageux. A son réveil l’oiseau le regarde, perché au pied du lit. Quand il quitte la maison, la vieille femme dort encore. 

    Il marche deux jours sans croiser de village ni aucune forme de vie. La solitude fait remonter les souvenirs. “Les résultats de vos analyses”. Les mots du médecin. Son sang contaminé et contagieux, incurable mais pas mortel. Pas tout de suite.

    Il secoue la tête pour chasser le passé et se concentre sur le parfum distant de l’eau qui le guide.

    Du haut d’une falaise il découvre l’océan et ses vagues à l’écume rouge. Autrefois, dit-on, il était bleu. Anoki reste là, les jambes dans le vide, à contempler cette eau meurtrière qu’il voit pour la première fois et la plage encombrée d’objets abandonnés par les vagues lèchent qui la font pleurer.

    “Toute cette eau gâchée”, soupire Anoki.

    Allongé sur le dos, mains derrière la tête, il regarde le vent disperser les nuages teintés. Il se dit qu’il pourrait rester là, attendre la pluie et la laisser le dévorer.

    Un bruit de moteur.

    Ils ne sont plus nombreux à avoir des voitures. Encore moins à pouvoir s’offrir du pétrole. En alerte, Anoki se laisse glisser sur une corniche étroite. Il a les yeux qui dépassent. Un fourgon de la grande entreprise agricole s’arrête. Des hommes armés en sortent.

    “Il était là”

    Anoki regarde sous lui. Les mètres qui le séparent de la plage sont trop nombreux pour qu’il les compte mais les bottes crissent sur le gravier. Il prend appui sur une prise friable qui casse. Ses mains râpent contre la pierre, son menton rebondit sur la paroi. Soudain, ses doigts crochètent une faille. L’arrêt est abrupt. A l’aveugle, il cherche un appui pour ses pieds. Son corps le leste et ses doigts faiblissent. Il ne trouve que le vide là où la paroi devrait être. Il regarde. Une niche dans la roche. Si seulement il pouvait… Mais il n’y a pas de prise pour s’en approcher. Et l’ouverture fait au moins deux mètres de haut. Deux mètres de chute sans filet.

    Lorsque l’un des mercenaires apparaît au bord de la falaise, scrutant la mer et la plage, Anoki cesse de réfléchir et se laisse tomber. Son corps bascule. Il se coupe le souffle en atterrissant sur le dos mais il a réussi.

    Il reprend sa respiration. Un parfum impossible le saisit, venu des profondeurs de la roche, un parfum d’eau pure. Anoki se relève en oubliant la douleur. Des cordes fouettent la paroi. Par-dessus son épaule, il entrevoit les mercenaires de l’entreprise agricole glisser en rappel jusqu’à l’intérieur de la grotte.

    Ils sont derrière lui. Ils se déplacent avec habileté dans les conduits étroits où Anoki s’écorche coudes et genoux. Il doit trouver un passage. Il doit trouver l’eau. S’il trouve l’eau, tout ira bien.

    Anoki se rapproche du parfum, plus subtil que tous ceux qu’il a rencontrés dans sa carrière, une caresse pour son âme fatiguée. Si l’eau pure existe encore c’est qu’il y a un espoir. S’il peut les amener à la source, les mercenaires qui le talonnent l’écouteront peut-être. Eux aussi ils ont vu les plaines arides. Eux aussi ils vivent en craignant la pluie.

    Entêté par les nuances rares du parfum, Anoki perd son avance. Il n’a que le temps d’entendre la détente que l’on presse. Que le temps de sentir la poudre se mêler à l’air. Les mercenaires, après s’être assurés de sa mort, laissent là le dernier des nez de pluie.

    “Mission Accomplie”.

    De l’orifice qui lui perfore la nuque son sang malade coule avec lenteur, suit la pente naturelle de la roche, s’infiltre dans une ouverture étroite à un centimètre à peine de ses doigts inertes et, goutte à goutte, se mêle à un lac souterrain. Depuis une ouverture à flanc de falaise la lumière du soleil éclate en reflets irisés à la surface de l’eau à peine troublée, et baigne un jardin de mousses souterraines où affleurent quelques fleurs pales.

     

    FIN.

     

    Anaël  VERDIER

    Nez de Pluie...Anaël VERDIER


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