• Un Heureux Évènement, PART 2

    Un Heureux Évènement

    (Part 2)

     

    Isabelle avait passé les mains sur son visage. Un brouillard épais s’était levé dans sa tête. La confusion additionnée au trouble rendait sa concentration laborieuse.

    « — Mme Marchand s’il vous plait ! Mme Marchand ? Vous êtes avec nous ? Isabelle ? Mme Marchand, je vais vous laisser avec ma collègue, c’est elle qui va prendre votre déposition, a-t-il précisé avant de sortir de la pièce.  

    — Bonjour Mme Marchand, je suis le commissaire Vilourel, pouvez-vous nous faire une description de votre mari et de votre fils ?

    — Mon mari ?

    — Oui, votre mari Richard. Vous venez de nous dire qu’il a disparu depuis plusieurs jours ainsi que votre fils. Décrivez-les-nous. Que portaient-ils lorsque vous les avez vus pour la dernière fois ?

    — Excusez-moi, je suis chamboulée. J’ai pas l’habitude de la Police. 

    — Tout va bien Mme Marchand, ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous aider. 

    — Merci, c’est gentil. Euh… lorsqu’ils ont quitté la maison, c’était pour aller à l’entrainement de foot de mon fils. Mon mari l’accompagne toujours parce qu’il a des difficultés motrices. Ils portaient le tee-shirt du club, vous savez le vert et jaune.

    — Je vois très bien Mme Marchand.

    — Euh… le short vert, les chaussettes jaunes, leurs chaussures de foot. Rouge pour mon garçon, avec des lacets noirs. À l’origine, ils étaient blancs mais je les ai changés. À force de s’entrainer dans la boue, ils ont viré au gris terne alors j’ai opté pour le noir. Les chaussures de Richard et ses lacets sont blancs. Il les lave lui-même, à la main. Ses chaussures sont impeccables. Il est maniaque, vous voyez.

    — Très bien Mme Marchand. Ils ont disparu depuis combien de temps ?

    — Euh… ? On est jeudi, c’est ça ?

    — Non Mme Marchand… vendredi…

    — Vendredi ? Vraiment ?

    — Les entrainements ont lieu le mercredi n’est-ce pas ? Mes enfants aussi font du foot, ils s’entrainent le mercredi.

    — Ah oui, c’est ça…

    — Alors pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de venir nous voir Mme Marchand ?

    — Je sais pas… les filles, il faut que je m’en occupe. Je pensais que Richard allait rentrer. Je n’ai pas vu le temps passer. J’ai cinq filles Madame, elles sont mignonnes, je les adore, mais c’est du travail vous savez.

    — Est-ce que vous avez demandé aux voisins, à la famille ? Votre mari aurait pu aller chez quelqu’un ? Vous avez remarqué un changement dans son comportement ces derniers temps ?

    — Oh oui ! Richard est très nerveux, angoissé aussi et parfois dépressif. Il peut s’enfermer des heures entières sans rien faire, il reste assis et il attend que le temps passe. Quand il ressort, il semble aller mieux, il prend son fils par la main et ils vont se promener.

    — Quel âge a votre fils ?

    — Il a six ans. »

     

    ***

    Isabelle se souvenait parfaitement de la naissance de son fils comme de celle de tous ses enfants mais lui, c’était particulier. Lorsqu’ils se sont rencontrés, Isabelle avait seize ans. Elle avait été séduite par le beau Richard, un garçon sérieux, travailleur et sportif. Dans l’entreprise de logistique où il bossait, il avait gravi les échelons patiemment. Elle voyait en lui un moyen de s’émanciper alors ils s’étaient mariés. Dans la foulée, un heureux événement se préparait pour la plus grande joie de Richard qui rêvait d’un garçon. D’ailleurs pendant toute la grossesse, il parlait au ventre rebondi de sa femme :

    « — salut mon p’tit gars ! Dépêche-toi d’arriver qu’on aille jouer au foot. »

    Isabelle souriait. De son côté, elle n’excluait pas la possibilité d’une fille. Lors de la première échographie, ils avaient émis le souhait de ne pas connaitre le sexe de l’enfant. Richard pensait que cela portait malheur. Isabelle trouvait que c’était une drôle d’idée mais elle gardait ses commentaires pour elle. Richard ne tenait plus en place depuis l’annonce de la grossesse. Il parlait de son futur fils, il se voyait lui achetant son premier ballon, lui offrant le maillot de son équipe favorite, l’accompagnant sur les terrains pour jouer ou assister aux matchs, rien ne semblait trop beau pour lui. Il exhibait la photo de l’embryon à ses collègues. Ils se moquaient de lui mais Richard ne se laissait pas impressionner. Son assurance était telle qu’il n’avait jamais douté ni vacillé. Il en fallait beaucoup plus pour le déstabiliser. Isabelle avait essayé de lui dire que ce bébé pourrait être une fille. Richard s’était arrêté net, il l’avait prise dans ses bras et lui avait murmuré à l’oreille :

    « — ne parle pas d’malheur… Isabelle, tu dois y croire comme moi ! »

    Et Rose était arrivée ! La plus jolie des fillettes, sa maman était comblée. Richard, quant à lui, était déçu, il n’envisageait pas de jouer au foot avec une fille. Il l’avait tenue dans ses bras pour poser devant le photographe à la maternité et dans le souvenir d’Isabelle, il n’avait pas renouvelé l’expérience. Rose enchantait le quotidien d’Isabelle. Richard parlementait sans répit pour démarrer un nouveau bébé, comme il disait :

    « — Isabelle, ma chérie. Tu as ta fille, alors moi, je veux mon garçon. Tu vas arrêter la pilule d’accord ? »

    (À suivre…)

     

     


  • Commentaires

    1
    zakia
    Mercredi 25 Novembre 2015 à 18:50

    la suite est extra, on attend la suite,tout les mercredis maintenant c'est un rendez-vous hebdomadaire, bisous ma fille!

     

    2
    Dilou
    Mercredi 25 Novembre 2015 à 19:30
    La suite ! La suite !!! Biz
    3
    Caro
    Lundi 30 Novembre 2015 à 19:17
    la suite où je fais un malheur!
    4
    Chris
    Mercredi 2 Décembre 2015 à 07:36

    C'est vraiment super! Tu es forte en dialogues-:) Ce qui n'est pas le plus facile!!! Je suis HYPER fière de toi....bravo...aussi j'aime bien l'idée de la suite chaque semaine...ça nous tiens en haleine et toi ça te donne une obligation d"écrire toujours plus....pour le plaisir de tes lecteurs.. BIG UP my sweet friend.

     

      • Mercredi 2 Décembre 2015 à 07:48

        Bien vu Chris concernant les dialogues, c'est très difficile. J'y travaille et je crois que ça porte ses fruits. 

    5
    zakia
    Mercredi 2 Décembre 2015 à 20:03

    laa suite ma patricia!

     

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