• J’espère que l’attente n’a pas été trop longue et si c’est le cas, j’espère que vous me pardonnerez parce que l’histoire que je vais vous conter en vaut vraiment la peine et je vous assure qu’elle n’est pas facile à  écrire. C’est pourquoi j’ai préféré vous laisser le week-end tranquille afin de ne pas vous traumatiser et digérer tranquillement le chocolat que vous aimez tant. En effet, l’histoire que je m’apprête à vous livrer est de nature à heurter les âmes les plus sensibles. Si vous l’êtes vous-même, arrêtez immédiatement la lecture, fermez cette page et retournez à vos moutons. Et si des enfants sont près de vous, éloignez les, c’est mieux, je vous assure que c’est mieux ! Vous êtes prêts ? Sûrs ? Ok, c’est parti.

    Lorsque je vous disais que ma préférence  allait aux crocodiles, je voulais bien entendu parler de ces fameux crocodiles aux couleurs multiples et à l’aspect du plastique. C’est ainsi. Je sais que je vous déçois et beaucoup d’entre vous pensent que le chocolat est tellement plus sain ! Et vous avez raison à condition qu’il soit bon, le chocolat. Pour le crocodile dont je vous parle, il n’y a malheureusement rien à faire pour l’améliorer, on ne le trouve pas dans la nature, en tout cas, pas avec ce goût-là !

    Et voici où je veux en venir, voici ce que je me dois de vous raconter. J’ai beaucoup de mal et je traîne en essayant de noyer le poisson, en l’occurrence le croco. Les souvenirs sont parfois pénibles et pourtant il faudra bien un jour ou l’autre que je raconte cette histoire…

     

    Tout a commencé un jour d’avril, il y a plusieurs années maintenant. Je me rendais au Congo pour affaires comme on dit. Des affaires un peu louches mais cette époque est révolue pour moi alors je peux en parler. Il s’agissait de la signature d’un gros contrat, tout le monde était ravi des négociations et le séjour devait s’achever par une excursion dans le Parc National de la Salonga uniquement accessible par voie d’eau. Nous sommes partis, nous étions trois plus le guide. La rivière Lwilaka  serpentait à travers une forêt extrêmement luxuriante et abritait des animaux tous en voie de disparition. On nous a promis à mes collègues d’alors et moi-même, un beau voyage, nous allions croiser l’éléphant de forêt, le paon du Congo, le bonobo et enfin le gavial africain plus connu sous le nom de « faux crocodile ». Nous avions ri, je me souviens, en entendant ce nom. Faux crocodile...Mais à quoi pouvait-il bien ressembler ?

    La navigation était calme et tranquille, une langueur s’était installée sur l’embarcation. Nous profitions de ces heures  de calme loin du tumulte et du monde des affaires bercés par le faible courant…Et puis, tout à coup, le charme a été rompu, tout est allé très vite…Des coups de feux ont retentis, notre guide nous a crié de nous coucher sur le fond du bateau. C’étaient des braconniers, ils n’aimaient pas, visiblement, la visite des touristes que nous étions. Je me suis couchée, un de mes collègues à pousser un cri affreux, il avait été touché, dans le cou, le sang coulait en geyser…Les coups de feux ne s’arrêtaient pas. Au bout de trois ou quatre minutes, le silence régnait à nouveau. J’ai appelé et personne ne m’a répondu…Je me suis relevée et j’ai vu l’hécatombe. Ils étaient tous morts. Il m’a fallu plusieurs minutes pour réaliser que j’étais seule à présent avec trois cadavres à mes pieds. Seule ? Pas tout à fait. J’ai à peine eu le temps de reprendre mes esprits que l’embarcation était entourée de gavials, le fameux « faux crocodile ». Le sang les avait attirés. Leur odorat est extrêmement développé et je vous assure que même si leur museau est étroit, il n’en reste pas moins effrayant. Surtout dans la situation où je me trouvais. Mais que voulaient-ils ces faux crocodiles ? Ils ont commencé à grimper sur l’embarcation, je tentais de les repousser avec un pauvre bâton qui traînait là. Je tapais tant je pouvais mais ils étaient de plus en plus nombreux. C’est alors que j’ai eu cette idée. Une idée qui me glace les sangs aujourd’hui encore. J’en tremble en écrivant ces mots.

    J’ai saisi par les pieds le premier cadavre venu, je ne l’ai pas regardé, je ne voulais pas savoir de qui il s’agissait. Le guide ? M.Durand, Dupont ou Martin, mes collaborateurs ? Et je l’ai passé par-dessus bord, les crocodiles se sont battus, faisant bouillonner l’eau et manquant de renverser le bateau ! Je m’agrippais tant bien que mal et je basculais dans l’eau le deuxième cadavre. Cela les avait enfin calmés. J’avais quelques minutes de répit, j’allais pouvoir démarrer le moteur et m’évader d’ici le plus rapidement possible. Échapper à cette horreur, je ne pensais qu’à ça ! Le troisième cadavre à l’eau, le moteur en action, je filais droit devant. Les crocodiles étaient occupés à déchiqueter la chair de mes compagnons de voyage. Je naviguais dans une rivière de sang mais je m’en éloignais. Après plusieurs heures, le moteur a montré quelques signes de faiblesse pour finir par s’arrêter totalement…J’étais au milieu de nulle part, brisée corps et âme. J’ai fini par m’endormir, épuisée, terrorisée et affamée. A mon réveil, je n’étais plus seule. Une bande de braconnier avait tiré le bateau sur la berge et attendait que je me réveille. Comment ne les avais-je pas entendus ? Je suis descendue du bateau et ils m’ont invitée à m’asseoir autour d’un feu sur lequel était posée une grosse marmite. Mon estomac a fait des bonds dans mon ventre. Le sommeil ne l’avait pas apaisé bien au contraire. Et puis j’ai vu, j’ai reconnu…Des pattes, de longs museaux, des yeux jaunes et des panses pleines…

     

    Crocodile promis...Crocodile dû !

     

     

     

     


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  • Le chocolat n'est pas ma came, je peux même dire que je suis probablement une des rares femmes à ne pas aimer le chocolat. Il m'arrive quelque fois d'en manger mais sans grand plaisir. Moi, ma came, c'est le crocodile ! Oui, je sais ce que vous allez me dire, je vous vois venir d'ici ! Encore une histoire de pauvre animal ! Et vous ne croyez pas si bien dire. En effet, alors que je voyageais au fin fond de l'Afrique centrale, je me suis trouvée dans une situation assez rocambolesque pour ne pas dire totalement incroyable...

    Mais je vais vous laisser passer le week-end tranquille...

    Je vous conterai cette histoire plus tard.

    Joyeux chocolat à tous !

    Chocolat promis...Chocolat dû...


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  • Il était une fois un escargot. Il avançait nonchalamment et à découvert. Il était tout petit et si je ne me trompe pas, il va devenir très gros. C'est une race de limace à coquille que l'on trouve sur l'île de La Réunion. Certains m'ont conseillé de le tuer pour le manger. Je déteste les escargots et celui-ci, de toute façon, était bien trop maigre pour constituer le moindre début de repas. Il avançait, à son allure, bien entendu, rêvant peut-être de chevaucher une monture qui lui ferait connaitre l'ivresse de la vitesse. « Pauvre bête », ai-je songé, si fragile, si délicate avec ses petites cornes au bout desquelles se pavanaient les yeux. La nature est assez incroyable si l’on y regarde de près. Et bien mal m'en a pris, en soulevant mon pied droit pour l'observer de plus près encore, j'ai été déséquilibrée et j'ai dû, dans un mouvement difficile à décrire et afin d'éviter une chute certaine, reposer le pied précipitamment. Malheureusement, l'escargot avançait pendant tout ce temps, tant et si bien qu'il s'est retrouvé sous ce pied victime de l’attraction terrestre. J'ai entendu le craquement de sa fine coquille, au milieu du son émis par ma gorge serrée qui voulait hurler : " NON !" Il ne restait plus rien de lui sinon une espèce de chewing-gum gluant. J'espère qu'il n'a pas souffert. Et la première question qui m'est venue à l'esprit a été : 

     

    - Ça porte bonheur ou malheur de marcher le pied droit dans un escargot ?

     

     

    (Le voici avant le drame...R.I.P mon petit ami...) 

    C'est lui quelques minutes avant la fin tragique...


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