• ÉCRIRE

     

    Les doigts noircis par l’encre bleue

    Les yeux rougis par la misère noire

    La peau hâlée par un soleil vert

    Les cheveux roussis par le vent violent

    Les pieds jaunis par la lassitude

    Le dos lavé par l’oubli

    Les jambes lourdes et les mains gauches

    L’encre est noire il n’y a pas de doute

    Ecrire juste pour éprouver la couleur de l’encre

     


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    Alors que la programmation du Festival Virtuel de La Nouvelle 2018  bat son plein avec de beaux auteurs prévus au programme et un parrain prestigieux, je suis heureuse et fière de vous présenter un projet qui me tient à coeur et que je porte à bout de bras depuis plusieurs mois. 

    Le recueil de Nouvelles « LES HOMMES FROIDS » écrit par un collectif d’auteurs, est enfin disponible en pré-commande avant la parution officielle le 10 mai 2018.

    Disponible en version numérique mais également en version broché (papier) sur AMAZON

    Les Hommes Froids

     Pour pré-commander le recueil, c'est par ici :        

     LES HOMMES FROIDS

     

    Lancez-vous, soyez curieux et venez découvrir ce collectif d'auteurs issu du Festival Virtuel de La Nouvelle 2017.  Retrouvez les auteurs que vous avez aimé : Catherine MARQUÈZE, Justine OBS, Sébastien DEMAN, Éric COSTA, Oluf EMI, GUS mais aussi une petite nouvelle Florence RIVIÈRES, bien entendu le parrain de l'édition 2017 Anaël VERDIER et, votre serviteur Patricia RICORDEL. 

    Déclinées sur un même thème, neuf histoires à lire ! 

    On vous attend nombreux, partagez sans compter ! 

     

    Et cette belle aventure ne s'arrête pas là, puisque tous les gains de la vente de ce recueil seront versés à une association. J'ai choisi celle-ci :

     Maison des Parents de l'Océan Indien.

    Les Hommes Froids

     

    La Maison des Parents est une association qui a pour vocation d'accueillir les parents ou les accompagnants d'enfants hospitalisés loin de chez eux. 

     

    Pour pré-commander le recueil, c'est par ici :        

     LES HOMMES FROIDS



     


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    La solitude

     

     


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  • La Solitude est contagieuse

    et rend malade !  

     

    La solitude est un des thèmes que j'aborde souvent dans mon écriture. J'y suis extrêmement sensible. Comment arrive-t-elle ? Sommes-nous créateurs de nos solitudes ? Peut-on l’apprivoiser ? Des éléments de réponse dans cet excellent reportage. Si comme moi, vous êtes sensible à la solitude et que vous vous interrogez à ce propos, je vous conseille de prendre le temps de regarder cette vidéo. Cela aura au moins le mérite de combler un peu votre solitude !  


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  • PAGES NOIRES

     

    « Aire de Latitude 45 », extrait... 

     

    (...)La pièce était presque vide. Un matelas était posé au sol recouvert d’un simple drap et pas de meuble hormis une table de chevet avec une lampe et un carnet : ce genre de petit carnet qui pourrait bien être ce qu’on appelle un journal intime. Sans aucune hésitation, il l’a pris. Il l’a ouvert à la première page, l’encre était légèrement passée avec ça et là quelques traces indéfinissables. Le mot « cocue » était écrit en très gros, et puis dessous, entre parenthèses : bafouée, bernée, blousée, coiffée, empaumée, flouée, leurrée, trompée

    Il n’a pas pu refermer le cahier, c’était la deuxième fois en peu de temps qu’il entendait ce mot, cocue, et la tentation d’en savoir plus était grande. Il a installé l’oreiller dans son dos et a commencé à lire.

     

    3 août 2007,

    Ce matin, la tête pleine de cauchemars, j’ai été happée par la sensation que nous ne nous reverrons jamais. Elle me colle à la peau et j’ai du mal à m’en séparer. Elle s’agrippe à mes cheveux, y fait des nœuds et essaye de s’immiscer dans mon corps. J’ai pensé que des larmes rendraient son accroche plus difficile. J’ai pleuré, et elle s’est délectée de cette eau à en devenir ivre. Profitant de ce moment de faiblesse, je l’ai saisie et chiffonnée tel un vulgaire morceau de papier et envoyée valser le plus loin possible de moi. Mais je reste vigilante, le combat continue...

     

    4 août 2007,

    Tu me manques. Nos conversations me manquent. Tout me manque : tes mots, tes élans, tes envies, tes désirs, tes emportements, ta fougue, ton exaltation, ta passion, ta vie. J’espère que tu n’es pas las de moi (tu me le dirais, n’est-ce pas ?).

     

    5 août 2007,

    Il pleuvait : une pluie froide et dense. La nuit était profondément noire lorsque j’ai pris la route. Et si la pluie était facilement balayée par les essuie-glaces, je ne peux pas en dire autant des larmes qui inondaient mes yeux. J’ai été obligée de m’arrêter. Je me suis retrouvée en pleine forêt, pleurant toutes les larmes de mon corps sur mes espoirs déçus.

     

    6 août 2007,

    La déception m’a envahie et s’est installée dans mes entrailles. Elle se diffuse dans mes poumons jusqu’à l’oppression et a encerclé mon cœur de douleurs… Je suis cernée et le siège ne fait que commencer. Mes barricades me semblent dérisoires, voire inexistantes, face à sa puissance. Elle est armée jusqu’aux dents, et mes pauvres fortifications font pâle figure face à sa force. Je suis allée au champ d’honneur, le cœur posé au creux de mes mains, des fleurs dans les cheveux et tous mes sourires pour munitions. Je vais être obligée de me rendre pour éviter le massacre et l’extermination. J’ai perdu la bataille. La défaite est amère et laisse un goût sordide et déloyal dans la bouche. Le combat n’était pas régulier. Et je demande justice ! Que le tribunal fasse son travail, il verra bien toute l’absurdité et l’incohérence de cette affaire : « C’est une folie, Monsieur le Juge ! » On ne m’a pas entendue, ma défense a été pitoyable et pour finir j’ai été sacrifiée. On m’a condamnée à l’enfermement à perpétuité. Je suis sortie de ce tribunal de pacotille, pieds et poings liés, essayant de ramasser ce qu’il restait de mon pauvre cœur abîmé : il traînait lamentablement dans une boue mêlée de désenchantement et de chagrin. Mais il bat toujours, alors je continue la guerre, en silence, je ne sais pas encore comment je vais faire ni combien de temps cela prendra, mais je vais me débrouiller pour lui procurer les plans de ma geôle, et il viendra me délivrer !

     

    8 août 2007,

    Le blues a fait son apparition. Je ne le verrai plus. J’en suis tout à fait sûre maintenant. Je n’ai plus qu’à pleurer sur mes espoirs et je les piétine de toutes mes forces avec rage. Si je pouvais, j’y mettrais le feu que j’attiserais jusqu’à les réduire en cendres ! Je chanterais dessus violemment pour qu’elles s’éparpillent en tous lieux et qu’elles disparaissent à tout jamais. Il ne doit rien rester de ces merveilles qui m’ont tant fait rêver ! Est-ce que la réalité ne peut pas être aussi belle ? Est-ce que la vie est forcément décevante, me condamnant aux mirages ? Est-ce que le tangible n’est qu’une ruine incendiée puant la cendre mouillée que l’on essaye sans cesse d’éteindre, d’étouffer comme si l’on se mentait à soi-même, ad vitam aeternam ? (...)

     


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